s
s
s
s
s
s

El contenido de esta página requiere una versión más reciente de Adobe Flash Player.

Obtener Adobe Flash Player


Detalle

TAOUGRAT OULTH AISSA

La grande poetesse des ait Skhman. Par Ali Khadaoui*

TAMAZGHA: La région des Atlas (surtout le Moyen et le Haut Atlas) a connu une résistance armée acharnée et dévastatrice contre le colonialisme français. Cette résistance qui a duré plus de 25 ans (1908-1936), n’est connue qu’à travers les échos de batailles célèbres comme celle de Elhri (1914), Tazizaout (1930), Saghro (1934)…
Dans la mémoire collective des populations concernées, pas un seul jour ne s’est passé sans « baroud », et les récits d’autres batailles, de drames aux multiples dimensions sont conservés de manière étonnante, surtout par la poésie.
La région d’Aghbala et tous les ait Skhman se sont illustrés par une résistance magnifique malgré le déséquilibre des parties en présence : d’un côté une armée professionnelle puissamment équipée d’armes modernes(artillerie, aviation, mortiersetc…), de l’autre, des populations civiles armées de vieux mousquetons primitifs, d’arbalètes et de lances…mais très motivées d’autant plus qu’elles n’ont jamais connu d’envahisseurs et encore moins de défaite auparavant. 
Parmi les poètes résistants, Taougrat Oulth Aîssa occupe une place à part. Grande poétesse des ait Skhman née aveugle, sa poésie est d’une telle force que les hommes avaient plus peur de ses vers que des balles des français. 



Par ses injonctions, encouragements et insultes des lâches et traîtres, Taougrat a pu relancer la résistance des ait Skhman après qu’ils aient déposé les armes un moment.
Dès que Taougrat a eu vent de la pénétration française au Maroc, elle promet aux français une résistance sans fin :

a- Tamazirt ennex ed ujjan imuyas s uburz
b- Ur asn i telli iwid itzallan exf iblis
c- Emk inghan es wass eggid atten tezzâa tawukt inw…

a- Notre patrie que les guépards nous ont léguée avec fierté
b- Ne sera jamais à ceux-là qui prient Satan
c- Même s’ils me tuent le jour, la nuit mon écho les chassera…

Devant la défaite et la soumission des tribus, Tawgrat Ult Aïssa n’en croit pas ses yeux. Elle est atterrée, exprimant le sentiment général :

a- Eddand irumin eswan eg ughbalu n tasaft
b- Ur eggidn eqqenn iyssan aha ezzin tiwas
c- Ennan am an emyajjar s ixamen

a- Irumin sont venus, ont bu à la source du chaîne
b- Ils n’ont pas peur, se sont installés avec chevaux et tentes
c- Ils te disent (s’adressant aux femmes) que nous serons voisins!

Devant cette humiliation suprême et la capitulation des hommes, Tawgrat en appelle aux femmes pour mieux stimuler les hommes :

a- Ettawg a Tuda, gherd i Izza ed Itto
b-Tiwtmin ami iga lhal ad assinn ilaffen
c- Imazighen waxxa eggudin ami ur ekkin..

a- Lève-toi Tuda, appelle Izza et Itto
b- C’est aux femmes de prendre les armes
c- imazighen même nombreux, c’est comme s’ils n’existaient pas…

Ainsi, Tawgrat arrive à relancer pour quelque temps la résistance chez ait Skhman à Aghbala. Mais devant l’inégalité des armes, la défaite est inéluctable.
Tawgrat exprime l’impuissance et la tristesse d’imazighen à honorer l’âme de leurs ancêtres et à défendant leur indépendance…Elle prend la nature à témoin et la terre qui pleure en pitié :

a- Ar ittru Buwattas allig issru Uqcal
b- Ar ittru Ughbala xef wid ittwarrun

a- Bouwattas a tellement pleuré qu’il a fait pleurer Uqchal
b- Aghbala a tellement pleuré ceux-là qui ont été vaincus…

François Reynier, officier de l’armée française qui s’intéresse à la langue et à la culture amazighe, s’aperçoit de l’importance de la poésie amazighe chez les ait Skhman et consacre un livre(1) à cette grande poétesse et à travers elle, à cette région atlassienne qui a résisté vaillamment avec des moyens rudimentaires face à une armada française puissamment armée et moderne. 
Cette poétesse morte en 1930 n’a pas encore eu la reconnaissance et les hommages qu’elle mérite. Elle devrait trôner dans les livres d’histoire et de littérature comme une femme qui a résisté par les mots et contribué à attiser la flamme patriotique…

Ali khadaoui

(1) Reynier, François, « Taougrat ou les Berbères racontés par eux-mêmes ». 1930. P. Geuthner, Paris.

 

 

 *Ali Khadaoui, Ambassadeur de Poetas del Mundo_Tamazgha:

http://poetasdelmundo.com/detalle-poetas.php?id=3267

 
Nacionalidad: Tamazgha
E-mail: asfru2008@gmail.com

PUBLICACIÓN: 12-12-2016

Desarrollado por: Asesorias Web
s
s
s
s
s