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KEMADJOU NJANKE MARCEL
Nacionalidad:
Camerún
E-mail:
ikibasumba2001@hotmail.com
Biografia

KEMADJOU NJANKE MARCEL

Marcel Kemadjou Njanke est poète, écrivain , traducteur, chroniqueur et commerçant. Il entre dans sa 45ème année en cette année 2015. Il a publié plusieurs recueils de poèmes donc “Quarante feuilles de l’Amour” et des nouvelles ainsi que de nombreuses chroniques, des papiers et des récits de voyage dans le mensuel camerounais “Mosaïques”. Ses textes apparaissent dans de nombreuses revues à travers le monde et il est l’instigateur du mouvement littéraire “ Racontages” qui unit la littérature orale et la littérature écrite et qui met en valeur la culture africaine dont elle se sert pour interpréter notre urbanité. Les Racontages sont aujourd’hui l’objet de plusieurs mémoires et thèses de doctorat dans les universités camerounaises et ont également inspiré en 2014 un colloque sous les auspices de l’Université de Buea au Sud-Ouest du Cameroun. Il a participé à plusieurs festivals donc le Festival international de Poésie 3v et le festival international de poésie de Medellin.

 

Mon Village

Mon village est loin de la ville, il est comme posé dans le creux de la cheville gauche d’une colline qui s’appelle Kop Kin.

Ma grand-mère me racontait que c’est le lieu de la terre le plus proche du ciel et je m’endormais avec la musique de sa voix enrouée par la poussière des souvenirs et les silences bavards de l’histoire.

Chaque soir c’était ainsi… et dormir près de ma grand-mère était une aventure dans des jardins merveilleux éloignés mais pourtant si proches.

Le matin, quand je sortais, chancelant, pour aller faire pipi sur l’herbe fraîche encore bénie d’avoir dialogué toute la nuit avec les dieux, je ne pouvais m’empêcher de voir mes urines comme des gouttes de diamants que je partageais avec les feuilles, les fleurs et les petits animaux.

Et quand je marchais, la tête dans la brume matinale avalée peu à peu par le jour, je me voyais comme un de ces enfants venus du ciel pour parler à ces hommes qui ont oublié qu’ils sont des cieux marchant sur la terre.

J’avais alors l’âge des héros des contes de grand-mère qui tous me disaient que la terre est une grosse friandise qu’il ne faut pas manger avec gourmandise.

Maintenant grand-mère est partie… Mon village est toujours logé dans la même cheville… et le souffle du passé accompagne mes pas dans les longs et lents sentiers de la vie quotidienne.
Et maintenant, je t’ai nommé Roi qui ne dort jamais…

Car tu changes seulement tes vêtements ; vêtements qui sont si nombreux que les gouttes de pluie que les siècles engrangent et engrangent ne peuvent suffire à les dénombrer…

J’ai su que tu ne dormais jamais le jour où j’ai vu la lune, ronde et pleine comme une grosse goutte de lait maternel, entrer par ma fenêtre et inonder ma chambre comme un fleuve de lumière. Je pouvais alors reconnaître les mots sur la page du livre laissé ouvert sur ma table, je pouvais voir l’eau que j’avais abandonné dans le verre à côté de mon lit revivre de la vie de ton silence qui veille, je pouvais voir comment les rideaux essayaient de t’emprisonner dans leurs plis, je pouvais lire dans le regard anxieux de la souris qui certainement prenait ta boule de lumière pour le regard triomphant d’un chat prêt à l’attaquer. Dans la chambre des enfants, tu étais encore là, Roi qui n’a jamais goûté la saveur du sommeil et qui maintenant portait la toge de la lune. C’était si beau et pourtant si mystérieux… J’ai dû aller palper leurs pieds et leurs visages pour m’assurer que c’était bien mes enfants et non des illusions que tu as déposées dans mon lit pour me faire croire que je suis vraiment père.

La nuit s’est passée ainsi…

Le matin a envahi mes oreilles avec les bruits de l’autoroute voisine et mes yeux, fouettées par mes paupières lourdes de sommeil buvaient le chant des couleurs qui déjà balafraient l’orient joyeux qui est l’un des miroirs de ta douce puissance !

 

Mfə̀n-cʉαlo,

lɛ̂n su bə bwə lα.

Wə zə̀ à côb nǔ lɛn ὰ ?

Ndὰb mu bwə lα

ndὰb nzə̌nzə̀ mi bə̀n yαm kə̂’lɛn nα ;

tà’i li : Mfə̀n kə̀ tǒ’ zi.

Cʉαlo mu kə̂’ bə α̂ ngòkɛd

a bə α̂ Nkɔ̀nì, bə Mǔ Nkɔ̀nì.

 

Mfə̌dnjʉ: O nɔ nɔ̌ bǎg Mbi...

kə̀ nə bə dʉ O nə kɔ̌ njamə nə̀shù

Ŋŋ̀! ̣Njamə bə α̂ nə̀ lò’ mbômtə Wul O yi

ndʉlαlα miαg bə̀nntʉ̀n

ntʉ̂m ngɔ̌ngɔ̌ mfitə.

 

Nkə̂bnjʉ: O lô’ tʉko’su,

Tʉkǒ’ ngə̀laŋ,

ndò’ nyâŋ sa yòg yi

Sa nsα mu

Nǔmmbə̂ ndὰb mu bə α̂: Mfə̀n kə̀ jʉ miaglo,

Tα̂ Kǔm Nkà’...

 

 

 

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