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Sabine Aussenac
Nacionalidad:
Francia
E-mail:
Biografia
Scarlett for ever

Ouragans et zphyrs n'ont qu' bien se tenir
Musele par la vie aspire de tourmentes
Je tourbillonne au gr de mille souvenirs
Prte briser des glaces de lendemains qui chantent

Des Hauts de hurlevent aux alizs sauvages
J'offre mon me errante aux lunes de minuit
Et j'attends affame telle enfant sans bagages
Une brise apaisante aux soleils assagis

Autan et Fhn vengeur explosent ma mmoire
Un siroco farceur se glisse au creux des reins
Je me fais tourterelle envole vers les soirs
Abrite des tornades d'un trs vieux parchemin

L'hiver venu grelottant sous de sinistres bises
L'esprit plein de frimas et de peurs englouties
Je frissonne orpheline de merveilleuses frises
Tricotant une charpe tissant hymnes ma vie

Un t bruisselant de millions de cigales
Soufflera un orage et balaiera les morts
Je me ferai typhon et deviendrai d'opale
Pousse par les embruns je trouverai un port

Scarlett inacheve d'un Tara construire
Autant m'en emporte l'inexorable vent
Je ne renoncerai pas vivre et fuir
Les cyclones vengeurs et les vils ouragans.

****************************

De Toulouse Tafraout

De Toulouse Tafraout
Il n'y a qu'une seconde
Car depuis quelques jours nous partageons la route
Et grce toi j'ai appris relire le monde.

Les ocres bleus de ton village
Font cho mes pages :
J'ai trbuch une nuit d'avril sur tes mots envotants
Et me voil enfin, les yeux le cour chantant

Dcouvrant des ailleurs, des magies, des beauts,
Ensorcele dj par ces roches et ces pierres
Me sentant fe des sables et cline sorcire
Et t'offrant de mon me les fines asprits.

Du Caf St Sernin au Caf des Dlices
Je t'envoie folies douces et lumires stellaires.
Sans doute un jour boirons nous un pastis,
Moi la Toulousaine et toi, mon Prince des dserts.

Garonne ouvrira ses flancs ondulant d'aise
Quand le long de berges dolentes tu raconteras les braises
D'un soleil dardant ses pointes acres
Et plongeant ses lumires dans le Dra assch.

Une mer nous spare mais nos cours sont jumeaux,
Je me sens ta gazelle et tu te dis mon loup.
Mes timides violettes tu cueilleras beaucoup
Je serai ta rose des sables toute ouverte nouveau.

Le palmier des Jacobins se penchera vers tes ruelles
Blanches. Briques rouges et chapeau de Napolon
Danseront sarabande, ma cit gasconne se fera caravelle :
Sur l'eau verte du canal vers l'Orient nous voguerons.

Ton oasis charnue aux amandiers en fleur
Croisera en pays de cocagne le pastel aux couleurs
De tes roches azurennes, et Mohammed Khar Eddine
Ecoutera le jazz de Claude en sourdine.

Au loin mes Pyrnes se profilent, grandioses et enneiges,
Tandis que ton Atlas domine en majest
Paysages lunaires, poussires lamines
D'un vent en cousinage mon Autan voil.

Les sororits de nos textes en goguette
Se bousculent et se croisent en perdre la tte.
Mes millions de toits roses se prosternent vers la Mecque,
Nos croyances et respects illuminent la fte

Elle sera belle, limpide, pure et chatoyante
Cette rencontre de deux cours du Prince et de l'Infante
Mon cour vibre de miel et je fonds, indolente,
Vers toi mon bel ami dont je serai l'amante.

*****************************

Les mots sont de retour.

Quelle cacophonie !
On ne peut plus s'entendre dans ce charivari !
Mes esprits s'parpillent, mon me est dchane,
Je file comme une anguille au cours d'eau clair.
O tiez-vous, mes tendres ?
Je vous avais perdus, n'arrivant plus entendre
Les couleurs de vos miels,
Et vous voil enfin, magiques, sans pareils,
Assagis et dociles
Sous ma plume facile.
Que c'est bon de vous sentir,
Telle brise ocane,
Respirant la beaut, peuple bon et diaphane,
Vous coucher mes rves
Et me crer de glbe.
Vous me modelez, argile, de vos miroirs graciles,
Vous me portez, fragile, de vos mains si tactiles.
Je suis en renaissance, je revis, papillonne,
Esprance et soleil d'une terre qui tonne,
Car vos orages n'ont d'gal que mes vents apaiss,
Aquilins au repos tels fardeaux dposs.
Me voil libre, dlie, cureuil de ma vie,
Sautant de branche en branche, rivire au saut du lit,
Mon me s'encanaille au pril de mes nuits,
Oh, qu'il est bon de vivre lorsque la peine a fui.
Par piti, ne me laissez plus jamais seule,
Demeurez, obstins, ne prenez plus la mouche,
Prtez-moi votre plume au milieu des fracas,
Je vous promets la lune si Pierrot ne veut pas !
Il a suffi d'un signe dans la diachromie des cours
Pour que l'encre s'vade, coquine et dlure,
Et au colin-maillard des esprances folles
Je joue chat perch, comptant des fariboles
Sans mme me cacher, envahie, panouie,
Dversant au torrent mon moulin paroles,
Ruisselette amoureuse et potesse folle.
Je vous garde, promis, je ne vous quitte plus !
Vous les ocres clatants et toi ma source vive,
Nous peindrons des prludes et pinceront des bleus,
Encords enlacs tendrement amoureux,
Et toi le grand pote qui libra un peuple,
Je te nomme gardien, ami et du bonheur prophte.

biografia:
Sabine Aussenac

Mtisse rhnanotarnaise, je suis ne en Champagne et ptille de mots et de bonheurs.
J'ai grandi entre Rhin et Garonne, entre lumires mditerranes et sombres forts de sapins, entre Heine et Hugo, Mozart et Couperin, Stollen et Foie gras!
Ayant compris trs tt que le pays des penseurs et des philosophes tait aussi celui de l'Indicible, je dcidais de faire devoir de mmoire et travaille encore un doctorat sur la posie juive de la Shoah, aprs avoir rdig un DEA sur Rose Auslnder.['Rose Auslnder, une potesse juive en sursis d'esprance.']
Devant le manque de plus en plus flagrant d'lves germanistes, je tente aussi de m'investir dans la communication autour de l'enseignement de l'allemand et je travaille en partenariat avec des entreprises pour faire sortir l'allemand de l'intra muros de l'Education Nationale.
Maman de trois enfants, je vis en terre toulousaine, ne pouvant me passer des beauts sculaires de ma brique rose et du parfum de l'Autan.
'Longtemps, je t'ai rve.

Perdue au fond des terres arides du Cantal, enlise dans la lave stratifie des volcans, je te cherchais, palais de briques roses, sur le fil tnu de ma mmoire.
Je fixais tes vertiges, placardant de grandes affiches de la basilique St Sernin sur les murs gris de mon appartement clermontois, m'enivrant de tes lumires, orpheline de tes mondes colors, de tes petits marchs, de tes pinces de tuiles. La ligne bleute des Pyrnes, se dessinant les soirs d't tout au loin, m'tait appel et mirage. J'avais soif de toi.

Me manquaient la douceur de tes ocres toscans, le parfum des tilleuls et des lilas des soirs de mai; me manquaient ta croix occitane et tes ruelles charges d'histoire, tes bleus pasteliers et tes joutes hrtiques, tes blouissements multicolores, de tes violettes timides au sang de tes briques. Toi la fire, la rebelle, capitale debout d'une Occitanie qui se rvait libre.

Sans toi, je n'tais rien. J'avais faim de tes petits matins gourmands et tendres, lorsque tu t'veillais, mi Reine des Pyrnes, mi village gascon, faim des claquements des persiennes et du caf brlant dans les tasses vert et or du Florida. J'avais faim de ta faconde, des effluves de cassoulet aux marchs aux gras. Mes lieux de vie me semblaient orthorexiques et glacs. J'avais froid sans tes ardeurs mditerrannes, lorsque ton soleil d'enfer dardait la brique et que seules tes glises offraient des oasis de fracheur.

Longtemps, je descendais en songe tes fleuves impassibles.Je revoyais tes eaux mles. Ville confluente, carrefour entre l'orient des plages languedociennes et l'occident des dferlantes, mi voie des garrigues et des pins landais. A la croise des chemins, cit Gasconne aux lumires provenales, antichambre de la mditerrane et promesse ocane, arc-en-ciel identitaire, tu te fais passerelle, route de la soie des Suds et escale, auberge espagnole et mtissage portuaire. L'eau verte du Canal me conduisait Ste, et Garonne me guidait presque outre atlantique. Tu tais mon Ellis Island, mon esprance, ma terre promise.

Mon hrtique.Tu m'as appris le devoir d'insolence. Toi la protestante, la cathare, sour des Esclarmonde et autres Parfaites , cho des citadelles du vertiges se profilant aux confins de l'Aude, porte de Montsgur. Jamais tu n'as fait profil bas, rsistant cette langue d'ol qui voulait faire taire tes terres, hostile tous les Parisianismes, dfiant les lois de ces lointains quais des Brumes, clatante de fiert. Mme martyre, embrase dans le moderne et sinistre bcher de l'AZF, victime des incohrences et des lchets humaines, tu as su te relever.

Longtemps, je t'ai aime.

Nous coutions les notes bleues de Claude et buvions du th au Jasmin au Bol Bu, hypokhgneuses en rvolte, chassant les nuages et les garons, dcouvrant la vraie vie au sortir de nos campagnes tarnaises ou gersoises.Nous hantions les longues traves de ce Mirail btonn, rcitant Verlaine et critiquant nos pres.Les martinets hurlaient dans un ciel bleu comme en enfer et je plaquais les trois accords de Blowing in the wind , moniale nave et vestale encore, sous la trave du clotre des Jacobins. Nous voulions changer la vie: Ma premire matraque m'a frappe rue du Taur.

J'avais 20 ans quand la France a rosi, et je me souviens du Capitole en liesse, de la premire fte de la musique, de nos grandes esprances. Beaucoup plus tard, petite Poucette rveuse, j'ai gren mes rves et grandi. Mais je n'oublierai jamais ma foi adolescente, motive avant l'heure, rouge comme Rosa Luxembourg et persuade que nous transformerions le monde .

Et puis j'ai got Paris et ses ors magnifiques, Bruxelles et sa Grand place, Londres, Prague, Berlin...Pourtant, c'est vers toi que mon cour me porte.Tu es mon ancre et ma grand voile, mon pass et mes futurs.J'ai rv ma vie sur les coussins de mon petit appartement du quartier des Chalets, je la rve encore, plantant le lilas de mes esprances sur la terrasse d'une grande maison qui hsiterait entre Jardin des Plantes et canal.

Aujourd'hui, mes enfants te dcouvrent et vivent sous tes toits de tuiles. Premiers baisers sous les tilleuls de la promenade, le long de Garonne.On n'est pas srieux, quand on a dix-sept ans.
Tu as grandi aussi.Tu vogues sur tes ailes du dsir, sour des toiles, carrefour de l'Europe. Parfois mutile par les chantiers immenses, tu seras bientt libre des trafics. Tes affaires Calas et autres scandales ne peuvent te noircir. Tu respectes ceux qui t'aiment, et ils te le rendent bien.

Tu es toujours mon autre. Mon double je, ma ville mmoire, ma ville espoir. De l'anglus de l'aube l'anglus du soir, j'crirai, face au clocher de St Sernin, au-dessus d'un million de toits roses.
Au fronton du Capitole, sous le palmier des Jacobins, le long des berges de Garonne, sur l'eau verte du Canal du Midi, j'crirai ton nom: TOULOUSE.'

La posie m'est ancre et Grand voile, m'enracine ma terre occitane et m'ouvre au monde et la vie.
Europenne de coeur, trs attache l'Europe des Rgions et au dialogue franco allemand, je me sens Lili Marleen, j'ai envie de faire chanter les hommes de tous les continents, malgr les conflits et les haines.
J'aime crire, par le feu, comme Marina, pour retrouver l'ternit, comme Arthur,et la posie m'est aussi pont, rivire, ocan, univers.
'La posie sauvera le monde.'
Dostoevski.

apfelkraut32@yahoo.fr

 

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