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Pascal Ferren
Nacionalidad:
Francia
E-mail:
Biografia
Laube des corps

Je suis le rveur incongru qui rate le lapin, ne le trouve plus et rentre en sifflotant. Tout est lger, floue, et ne mimporte. Je nai aucun respect pour toute forme de pense, elle ne vaut pas la peine si elle ne me touche pas. Dieu me donna des sens, il vous donna une me. Je nen ai que faire, jen chante et vous enchante, et si je nai pas dme vous avez des oreilles et je vous touche dun trait comme le chasseur sa prise. Cest celui qui se moque. Moi je ne me moque pas. Je ne sais que sourire, et pleurer aussi. Lme a t invente par ceux qui ne savent pas prendre le plaisir du corps et de linstant. En courant, le chasseur ne perd pas de temps, il cre son me puisquil y perd son corps. Cest en marchant que je fais linverse, je croque dans la vie et emmerde votre me. Je men joue. Vous en avez besoin, cest que vous avez du fond. Moi, je nai quune ide et cest un corps, mon corps est une ide. Je ne suis pas ancien, je suis plutt neuf, mais jai cass le cocon rapidement. Aprs jai pris mon temps. Une fois que vous vivez, il ny a plus de raisons de courir. L o le monde se prcipite, je massois simplement. Si je ne fais rien autrement, cest que vous allez trop vite.

La puissance de cet tre au monde sait se faire faucheuse. Car lcorce que je raille, le masque qui vous habille, tant un jour vicieux est autrement protecteur. Ma distance nulle avec le monde, ma participation effrne et incessante aux vituprations du monde, font que je souffre avec lui et que je ne peux faire des palais dans des vides abyssaux. Si le monde perd substance, l o vous lui donner lpaisseur de votre me, je nai que la fine pellicule de mon corps offrir. Ici, je nai plus qu souffrir. tre entier pose problme, car le monde ne lest pas. tre simple fait problme car la vie ne lest pas. Et si les plaisirs fluctuent, les mtos se bouleversent, mon corps reste impassible, valle recevant milles vents toujours changeants, la rigidit du systme montre sa limite.

Jai refus de menliser dans les gouffres impntrables que vous cachez dans vos arrires mondes fictifs. Je me tiens face au monde sans courber. Si je courbe, je ne me cache pas. Alors le bonheur de lme nest que le plaisir du corps. Je menhardis du vin, me ravi de ces mets, me plonge dans la chair et jen ressors heureux. Suis-je pour autant absurde, ne pense-je donc jamais ? Et si vous saviez, comme lgre la vie sans le poids de vos mes, et comme la pense se plait voquant en diamant les bonheurs dtre vivant. Ceux que le corps dlivre aiment penser lgrement.
Je vois dici sarrondir vos sourires imbus, car si je suis lger, je suis foltre et seul. Pourtant, au fond de mes abmes, je me tiens sur le fond, celui-l mme que vous poursuivez dans un concours de pense. Ainsi je my tiens et si je suis lger ce nest que de vous voir y plonger aveuglement, drainant des casseroles de sentiments comme des diables grossiers. Sr de ma petitesse, je me construis maison. Toujours bruissent les arbres, toujours fondent les vagues. Les mmes. Sur les collines que nous regardons, lherbe est toujours pareille, les yeux ouverts quand vous dormez, jy ai dessin laube des corps.

Le crpuscule des penses

Je suis le chasseur perdu qui place le lapin froid au dtour dun buisson, tire sur une girouette et pavoise de sa prise. Tout est faux, fuyant, au moment de lassitude je le sens bien. Ma pense nest quun vent, un styl℮, qui na de valeur que par loreille qui lentend. Tout est gloire et fiert, spectateur bahi, poisson pullulant ou pcheur serein, dieu dun seul matin, nous sommes toujours les petits acteurs dun spectacle plus grand. Et voil que la roue reprend ses crans, que je me lance lassaut de quelconque conscience que le verbe impressionne. Dnonant le mouton jadopte le cheptel. Pote, soit sensible ma plainte, elle est aussi la tienne, puisque nous sommes nous, et que le temps variant ne laisse que loccasion de se faire plus brillant. Exil, je ne suis plus quun homme, quelles sont les volupts dune pense enferme. Ce nest pas tant penser qui lve les mes, quexprimer ses tourments et ses douces motions qui renforce la fiert. Et si un seul instant je ne savais plus, je resterais couch, la terre me recouvrant ne dcouvrant dobstacle que la brise sournoise. Chers amis, vous serez tous parti. La suspension de la force de mon verbe est ma mort en petit. La puissance virile ne mintresse pas, je suis trop fainant pour gagner de largent et mes plaisanteries font pleurer les charris sans arracher sourires, je ne suis plus quun rceptacle dans lequel lexistence volatile de dominants arrogants vient trouver sa justification. coutant apeur les stances de ces clowns, je me surprends parfois madresser toi, pour te dire tout bas, comme ma science gloutonne englobe facilement ses bats ridicules. Je suis pris dans un cercle car mexprimer ainsi cest donner tout crdit lorgueil de connatre. Au fond de mon cachot, je suis pourtant gagnant, car lanalyse me montre le faible et le fort pris dans les mmes tenailles de lego saffirmant. Le monde ne tient qu a. Cest une croyance immense, lmanation de milles certitudes du bien fond dactions qui la lumire du temps ne seront finalement que gesticulations. Au-del de mes murs le monde grandissant nest quune grande rumeur o il y aurait on me la dit hier des faibles et des puissants. Vivre, cest sans cesse se placer sur cette axe qui va de lexcrable au hros de vos rves, cest aspirer longtemps tre un peu plus grand. Marcher cest dj se placer par rapport un espace de valeurs qui dtermine et nous fonde.

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Nous voil bien bte sans miroir o nous mirer. Nous sommes ternellement bringueballs sous nos masques vides, dans une sphre close. Pour en sortir nous revtons ce masque, celui de la vie. Le monde est un thtre de masque, une trop grande comdie. Dans la chaleur et la solitude de la rflexion, lme honnte ne peut se laisser clairer par cette rvlation. Notre petitesse ne trouve dgale que dans le degr profondment normal de ce que nous cherchons dpasser ce qui a toujours t. C'est--dire que lau-del est contenu dans le l. Nous sommes des tres despoirs qui forment un monde despoir. Le monde est un souffle, une tornade contenant toutes les aspirations et les croyances substantielles en eux-mmes que les hommes formulent. Le constat de lchec et de la volatilit de cet univers ne se fait que par lessoufflement de la volont dexister - proprement illusoire - qui nous anime. La plupart dentre nous ne sessoufflent jamais. Ils se crent des petits mondes eux, avec milles raisons dexister, de fausses histoires, colres et mme peut-tre il serait vain den juger de fausses joies. Le pote, lui, vaut ce quil vaut par la conscience de cette condition. Faire du vent en croyant btir avec de la pierre cest une erreur, mais faire une tempte de chacun de ses souffles, croire en lillusion seul en son albtre, et sy accrocher comme un fou, voil bien luvre du pote. Il est la conscience de sa futilit et de son mensonge permanent. Le pote ne croit plus au monde. Peut-tre mme quil ne croit pas du tout. Et nous, dans le fond de nos sphres, nous voyons lenvers du masque, et quand nous lavons vu, nous navons plus qu nous y fondre nouveau car il est notre seul moyen dtre parmi les autres et par l mme, dexister. Oh oui, nous croyons au monde. Et, oh magie de lillusion, nouveau indivise du masque, nous marchons les paules hautes, appuys sur un fond que notre raison fauchait la seconde passe. Et, oh magie de lespoir, nous crons dans les recoins dune sphre, des palais de penses, des dserts de tristesse, des passions clates jusqu ce que vie ne cesse.

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La pense est ainsi faite quelle rvle les raisons de lexistence en mme temps que son inutile superficialit. Cest un instrument dlicat quil convient de manier avec diligence. Au milieu de la foule, je saurais mchapper et, par le miracle de la pense, rejoindre ma sphre des beauts. Pourtant, assis au fond de la sphre, le spectacle qui mest donn de voir, est une lumire vers le monde, le fond de moi est noir. Cest vous que mon me aspire alors, je fracasse mes rflexions sur le mur du besoin de vivre. Les ides devant le monde, sont comme les motifs du sable, labri de la nuit ils sont feriques, quand vient le jour et la mer, ils vous sont inutiles. Hommes seuls et heureux, cest vous que je parle, vous tre malhonntes et parfois dangereux. Au fond de vos gibecires se cachent bien terres, la fiert et la gloire. Et quoi ! Il faut bien exister, cest une ncessit. Tous aussi pitoyables, vous vous roulerez par terre, vous appellerez les astres et la terre nourricire, cest le silence dun monde sans vie qui vous caressera lme, et ce vent agaant vous cinglera lorgueil, nous serons tous agenouills. Peut tre prierons nous, nous irons nous cacher. Ils sont plus forts que nous, ils matrisent le monde, ils ne perdent pas la face et ne sagenouillent pas. Puisquil ne nous est plus donn dexister par la puissance de connatre, nous apprendrons chanter. Et tout recommencera. Connaissance, espoir, dcadence. Le costume du sage, du penseur plein dambages, vient nous entourer et au fond de nos sphres, on ne peut quobserver le crpuscule des penses.

Maman

Nous sommes bien seuls dans un monde de profit, de vitesse et de difficults, nous sommes bien seuls devant l'adversit. Nous courons bien souvent aprs le temps et pleurons de temps en temps. Nous voil dans un temps dgag du fond, nous pdalons vide au-dessus de Dieu, de l'tre des choses, au-dessus du sens. Nous sommes enferms dans l'utile. Le monde qui nous entoure s'vanouit dans un rapport de choses et c'est dans ces choses que nous oublions que nous ne sommes pas des automates. L'humanit est plus forte que la technique et cette vie de relation entre les choses se dchire la moindre brise. Et quand elle se dchire nous ne pouvons plus, et ne devons plus, nous le cacher : sans le sens nous ne sommes rien.
Partons en qute, faisons un effort, puisqu'il n'y a vraiment qu'une seule question dont toutes les autres sont des excipients : Pourquoi la vie vaut-elle d'tre vcu ? Rien que cela ! me direz vous. Et bien oui, rien que cela. L'ide est-elle si farfelue : il y a des raisons de vivre.
Quand les hommes parlent, qu'ils abandonnent leurs masques mondains, leurs corces sociales, ils se mettent tous d'accord : le sens de la vie c'est l'amour. Ce qui donne sens la vie ce n'est ni la relative richesse ni les plaisirs volatiles, c'est l'amour. Ils se mettent tous d'accord. Tous. Certains appellent l'amour l'amour, ce sont les plus conciliants, d'autres l'appellent la paix, l'engagement ou la grce. La paix n'est que l'amour l'chelle du monde, et la grce des vangiles respirent plein poumon d'un amour bien voisin.

La vritable tranget est cet amour lui-mme. Il transcende tout.
Dieu s'il est tout puissant ne l'est que par l'amour. Il aime parfaitement. Et nous sommes son image. L'amour n'a rien d'aveugle, au contraire, il voit le sens dans les yeux. Il est entirement positivement polaris. Il est la seule force capable de relier les hommes en passant par l'tre du monde, par Dieu, par le sens ou par ce flot infini qui fonde toutes les choses hors de leurs relations. Cet amour fondateur est partout. Quand nous partons la qute du sens, nous le rencontrons, mais chaque jour de mme nous excutons des gestes d'amour qui donnent dans un monde de vitesse de profit et des stress, le sens de l'existence, la raison de nos vies.

Le grand amour ne se donne pas par un baiser ou une treinte, il se donne tous les jours par un millier de gestes. Ces gestes, maman, tu les connas par cur, et les rptes inlassablement. Tu nous remplis d'amour par une tonne de gestes et d'attentions. C'est quand je ne sais plus pourquoi, que je rentre chez moi, au foyer. L o il fait chaud. Au foyer. Ce n'est pas un incendie qui ravage mon cur. Pas de Juliette ou de Virginie qui m'enflamme, juste un feu, un petit feu, toujours allum. Pas le feu qui brle, celui qui rchauffe, pas celui qui dtruit, mais celui qui nourrit. Celui que seul la force du Grand Amour peut attiser patiemment pour qu'il ne s'teigne jamais. Tu portes pniblement chaque brindille et chaque bche au foyer pour qu'il y fasse bien chaud.

Tu es toi aussi toute puissante d'amour. On dit que la plus grande preuve de l'amour de Dieu c'est qu'il a cr des tres libres. Et tu as fait de mme : 6 tres libres : Xavier, Bruno, Remi, Lorette, Fransisco et moi-mme.

Et tu restes prsente. Comme Dieu tu nous dis : je suis l et si tu craques, rentre la maison ce qu'on y trouve emporte toute colre. Au fond de nous il n'y a que peu de choses, seulement de l'amour qui porte bout de bras l'absurdit d'un monde. Qui croit encore que nos valeurs, nos principes, nos croyances peuvent nous tenir debout. Tu es un Dieu sans vanit. Ta vitalit est l'avant garde de la plus grande sagesse, la plus simple, que j'ai nomm amour.

C'est au fond de moi que tu restes prsente et que tu me tiens debout. Une puissance stable, sre, rassurante. Une chaleur. Un pilier. Quand tout s'affole, on se raccroche ta branche. S'il l'on est fatigu, tu nous reposes. Non contente de nous crer, tu nous conserves. Tu es ce qui nous fonde et nous disperse.

Tu assures au monde le plus grand des services aprs-don. Tu rajoutes des dons sur un don. C'est chaud, c'est gratuit, c'est rassurant, non ! c'est assurant. Ne nous mprenons pas, cet amour n'a rien de futile, il fonde l'unit des enfants. Il n'est pas un amour il est l'Amour. Celui qui accompagne. Le monde ne me donne pas, a priori, l'unit de moi-mme. L'unit se reoit en conqute. Ce qui donne le moi c'est l'amour que je reois.

Tu m'as nourri et me nourris encore. Tu m'as gard tout en me librant. C'est peut-tre le seul vritable miracle du monde. Le seul rempart la folie de la raison. C'est l'inexplicable. On connatra la formule de la pense et du rve avant celle de l'amour, j'en suis persuad. Tu es libre, libr et libratrice. Je suis arm face au monde. Arm de ton amour, debout sur ses piliers, je me fais milles promesses, j'ai du courage pour cent, je veux tout connatre puisque tu me l'a permis. La soupe est chaude, l'espace est libre, la place est grande. Je prends tout, me gave de ton amour et affronte le monde. Et quand je croise la btise, la flonie ou la misre je sifflote et me lance, du fond de moi, de TOI, maman.

Biographie :
Pascal Ferren
, jeune franais, tudiant de philosophie luniversit de Lyon II, le quatrime de cinq enfants, je lai connu il y a quelques annes, et ds que jai crois mon regard au sien jai compris que jtais devant un tre particulier, un fils de ce nouveau monde qui sachemine vers lincomprhensible, lincohrence, linconscience et sa propre autodestruction. Pascal le sait et fait partie de ces fils des nouvelles gnrations conscientes du danger qui reprsente le seul fait dexister. Mais Pascal ne baisse pas les bras, Pascal est le guerrier ncessaire et indispensable que le monde requiert dans ce dbut de sicle, avec des Pascals un peu de partout dans le monde, le monde sera sauv, parce que sa force libertaire se fonde sur les valeurs damour que les humains ont oublis dexercer ces derniers temps. Lamour est lnergie quaucune force peut vaincre, lamour est larme qui pourra vaincre les forces grises qui ont conduit lhumanit au stade de dcadence qui se trouve.
Bravo Pascal ! Continue comme a ! Continue crire comme cela ; du fond de ton cur comme tu las fait cette fois-ci. Luis Arias Manzo

ferren.pascal@netcourrier.com

 

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