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Ali Bader
Nacionalidad:
Irak
E-mail:
Biografia

ALI BADER
Le livre du désert
Soldats citadins et femmes bédouines


I
Aux bédouins, le cheik ne prononce pas un mot. Les chevaux s’envolent en l’air, les coussins palpitent sur des divans.
Aux oreilles des odalisques, les sultans chuchotent quelques mots, celles-là feignent de les croire.
Les bédouins ne dérangent personne, et d’obscurs ventilateurs réveillent les citadins dans leurs paradis, et leurs bains.

II
Aux feux, les bédouins arrivent, comblés de louanges.
Le jeune marié se jette dans la ronde, saisi des siens, il est armés jusqu’aux dents…
Au sommet de la montagne, des terroristes avancent avec leurs chevaux, là haut, ils passent la nuit….
Elle a le cœur qui se serre à l’idée qu’elle va mourir entre leurs mains, son jeune corps dechequeté de leurs poignards.

III
Les bédouins sont sur de petits chevaux, à leurs ceintures brodées, des couteaux aux courtes lames.
Au matin, les prisonniers apparaissent dans la cour.
Un millier de soldats aux torses nus…un millier de bédouins en burnous- des bédouins déterminés à explorer un autre lieu que le leur- là bas, ils mettent la main sur la tête de victime.

IV
A la manière du scorpion; du nez, je crache du sang.
Une poison avance avec le feu du jour.
C’est toi le premier que je vois…..
Je me poignarde, ma lance brandit…Que tu sois pris par les antennes de scorpions…emporté par le feu…
Chaque nuit est plus légère que le jour!

V
A l’aube, on est déjà sur ce lieu pour dénuder le corps du despote.
On traverse le désert, on neutralise ses mines héritées de l’ère païenne, on est prêt à le déflorer.
Voilà nos ancêtres que les soldats tiennent sous le soleil.
Voilà nos ancêtres qui jusqu’au matin, restent dans le silence d’une tribune désertée.

VI
La rose du sable dans la main, de leurs baïonnettes ils écrivent des choses éternelles…C’est la poussière du désert juvénile, le rêve que le cheik n’avait jamais rêvé, Ses yeux ne sont pas sur la route pour croiser ceux des bédouins épuisés par trop regarder les chevaux mêlés `a la terre.
Le désert avait des rois, le désert écrasé par le temps, par leurs images, et les citadins agonisent de patience, pleurent comme de petits bateaux sur la surface de mer.

VII
Des putes viennent de la campagne…l’amour… le travail prennent énormément à la nuit, les barmans du soir viennent du désert, serrant dans les bras le froid de nuit, et le parfum de femmes.
L’interminable nuit échappe au bar…l’interminable nuit échappe aux tables…
A la fin de nuit, la paysanne travaille dans le lit…le barman au pagne blanc pose la tête sur la table.

VIII
Elle passe la nuit dans les tentes des Arabes.
Sur le sable, ce sont leurs sandales, les selles de leurs chevaux, leurs bâtons; c\'est la nuit qui pose des regards blancs sur la tente des bédouines assises autour du feu. Sous la moustiquaire gémissent des bédouins, dans leur divan prestigieux, sur la tête ils mettent des coussins.
Là voila nue sous la tente, regardant les bédouins descendre dans le bas du désert, fêter le printemps avec la reine de fourmis.

IX
Comme un cercueil est la maison des citadins; les bédouins dorment dans la cour, au milieu danse une fontaine aux diamants bleus, et des bagues en argent.
Les bédouins sont les derniers Pachas à rêver dans des balcons devant une porte noire, les premiers et les derniers ancêtres à parler du temps révolu, des grues du soir, d’un autre pipe, d’un citadin enterré au seuil de la porte,et les odalisques sont accroupies à leur pieds.
Leurs habits volés sont ôtés, ils se mettent à l’oeuvre.

X
Nous ne savons que très bien nous glisser de la caserne assiégée à ta petite cuisine.
Qui offre les pots de yaourt à ces soldats audacieux
Qui les laisse tomber dans le vide…ou partir en permission.
Nous, soldats joyeux, nous nous ramassons après être dispersés par le vent riant.


XI
Nous sommes les bûches pour ces feux qui s’enflamment au loin, nous sommes venus de pavillons, privés de notre chaleur, et laissés en proie au froid et à la pluie, c’est nous qui avons fait, avec les fous, le pèlerinage aux temples…nous dont les cheveux ont brûlé du froid…
O Guerriers revenons…O bons guerriers revenons…
La caserne assiégée nous attend…nous mourons, on n’aura plus ni sépulcre ni chaleur.

XII
Ces bédouins nous offrent de dormir sur le sable, et moi ton camarade, je m’assois chez le coiffeur dans la ville.
Sur place nous renaîtrons du nouveau, de joyeux oiseaux nous fientent sur les têtes, nous partirons en permission…nous les soldats, nous n’avons absolument rien à faire avec les chats.
Et ces chiens qui vont avec les bédouins mourront du plaisir.

XIII
Calme, est la femme avec moi dans le train.
Elle me dit de ne pas allumer une cigarette, de ne pas faire du feu, de ne pas enlever mes habits militaires, de ne pas manger de sandwich, de ne pas aviver le feu dans le cœur de la seule bédouine assise derrière nous.
Pour cela, elle est calme, elle ne s’aperçoit pas que seuls le soldat et le scorpion se suicident alors que tous les bêtes qui errent avec les bédouins, trouvent leur plaisir sur la terre heureuse.

XIV
Avec un compas, ils percent son gros sein…ce voleur du chat a le chauve-souris qui s’apprête à voler loin…porter le nuage mourant …ce voleur du chat se confond avec l’art…il reconnaît Dieu, se nourrit de la soupe qui reste dans le plat.
Moi le mourant, je vole en flèche.
Par derrière, je contourne les burnous des bédouins aux visages pales, aux bâtons hérissés…
Trouvé devant la louve, j’ai le cœur qui s’ouvre comme un parapluie.

XV
Leur dieu est amer …leur poète rond, le dieu du bonheur mais aussi les autres dieux.
L’homme lourd…nous tue les poux…en montrant une fausse douceur…
Ce sont les bédouins, nos ennemis qui nous haïssent
Ils nous ont promis l’amour…. sur la porte de boucherie pour nos cous, ils aiguiseront leur beaux couteaux.

XVI
A notre insu, nous semblons beaux, c’est notre courage…. avec innocence, nous lâchons nos âmes trompées…. sous le soleil, nous planons avec son âme.
Comme un chien enragé, nous mordons à ses faux cheveux.

XVII
Elle est la seule, quand elle dort à avoir l’habitude de vivre.
Elle fait un peu de rêve susceptibles à avouer et ce bédouin s’humilie à ses pieds.
Il se met sur le tapis pour méditer sa cuisse nue.
Il pressent le compas parcourir là-bas.

XVIII
Son pied dur désert est posé sur ma poitrine, moi nu dans son lit, et elle qui se rhabille.
Il nous arrive rarement de se noyer sous ce soleil, rarement de s’endormir sur les pelures.
Une fois enterré, ces bédouins oublient qu’on est mort…
Nous sommes les traîtres
Avouons-leur donc
Nous avons eu une vie insouciante
Les avons trompés autant de fois que nous les avons aimés.

XIX
Nous les tribus, on est dur pour les fleurs…doux pour les chameaux et moutons.
Nous les tribus, on aboie souvent et franc…
On aboie aux amis voleurs……
Nous les tribus, on défie la misère avec la mort, nous malmenons ceux qui font le jeune, …nous traçons sur la route des cercles militaires, nous suçons les seins voilés de nymphes.

XX
Dans le désert, près des tentes de bédouins, nos officiers s’assoient…
A leur santé, ils font perdre la tête aux verres…….
Les voilà qui méditent des cartes militaires, sur le sable ils tracent des lignes rouges.
Les voilà qui font du feu, faisant l\'amour avec des nymphes sans dents.

XXI
Tristes, les bédouins méditent ce monde qui nage loin d’eux, les voilà qui flattent les oreilles, buvant du lait caillé, essuyant les moustaches.
Les voilà qui flattent les oreilles, baisent les pieds de touristes.


XXII
Du grand bus, nous sommes descendus dans la place où se vend le foie de buffle.
Voilà sur la terre, les traces de vendeurs:des restes de sacs, du sang, des crottes, des peaux d’œufs, des mies du pain, des résidus de thé, ce n’est pas loin…loin d’ici cette boucherie …et ces deux bédouines qui convoitent le sexe suspendu du buffle, l’une mange un concombre flétri et l’autre, de la main gratte son derrière.

XXIII
Les femmes de bédouins portent des paniers de poissons.
Au marché, elles vont en plein jour.
Des vivres, de l’ huile pressée dans des jarres, et des poids plus lourds que leurs mains, sans sou ou dinar, elle arpentent la rue.
Là- bas, elles laissent des paniers vides,elles rentrent en ayant le corps puant le sexe du soldat.

XXIV
Le roi de bédouins, nous sommes ses sujets …nous mesurons notre légèreté à son temps, le bélier qui lui porte, ses obscures nuages, l’entoure de grand luxe.
Le roi de bédouins …Nous sommes ses sujets
Pour l’obscénité de sa femme, nous enlevons nos chemises, sur son chemin nous allumons des chandelles.
La férocité de ses aisselles gagne nos corps, une odeur brouillée nous éveille les sens… c’est son huile pressée sur nos sexe, et notre compas se dirige vers une montre obscure posée entre ses cuisses .

XXV
Toi Arabe.
Nous sommes ton people sauvage qu’une pierre sombre frotte sur des chevaux.
Nous sommes ton people sauvage qu’un vent emporte sur les épaules, nous trahirons tes ennemis, dénoncerons leurs piéges, dévoilerons leurs lignes, et sur des pierres nous dénuderons leur nuit.
Sur le sable, nous perdrons nos bras amputés, notre nez coupé, nos cous saignants et nos guenilles que les chiens avaient déchirées.
Nous sommes ton peuple, ton avant-garde, nous déchirons les cartes, et déflorons l’éloquence de tes femmes.

XXVI
Nous les soldats
Nous enlevons nos chemises en plein jour.
Nos plans sont divulgués, nos pieds ignorent l’expédient du chemin.
C’est la volupté de mains qui te caressent les mamelons, c’est la volupté du sang au dénuement du sacrement…
Nos villes violées sont pareilles au tribus de bédouins qui manquent d’appétit.

XXVII
Ce que nous pouvons ignorer sont les rancunes des années, leurs nuages, leur sépulture, et leurs guides qui, sous la nuit, traversent le désert.
Nous nous taiserons sur nos erreurs, sous l’odeur du safran, face à la brutalité de femmes en volupté, et la rudesse de bédouins encerclant des loups solitaires.

XXVIII
Nous n’oublions pas les guides qui suivent les bédouins dans leurs tentes, ni les porteurs d’eau qui pétent derrière les Arabes.
Ce désert est notre consolation, il réclame la justice à la pluie, et les porteuses du sacrement ont des habits trempés du sang, enveloppées du noir, offrant au chamelier des seins mâchés par les chevaux.


XXIX
Nous voilà, des hommes effrayés, soumis aux banquiers, des vauriens, des rêveurs sans aéroport, des soldats sans armes, des poètes muets, des peintres abstraits, des duellistes blessés aux genoux, des putes joyeuses, des amoureux vulgaires, des partisans respectueux de la loi.
Que reste-t-il donc du pays?
Que reste-t-il à part les bédouins qui font griller des oignions, et soumettent au fer les corps de femmes.

XXX
O Bédouins, pour nous, vous devez crier…crier plus fort que les loups, crier aux hommes qui désirent partir, aux fonctionnaires qui nous avaient tant torturés, aux hommes armés qui se tiennent là, aux pauvres effrayants, aux caprices de paramètres en hiver, aux aiguilles qui transpercent la peau, à la fausse proie, au poète malicieux qui s’abrite sous le manteau du barbare.
Cet hiver, nous dormirons là-bas, avec les Arabes, seuls près de l’âtre.


XXXI
C’est le vin d’ascètes que les charlatans versent sur le sable, c’est la vieille main sauvage qui se voue à la loi du soleil.
Ces bédouins qui en veulent aux ouvriers, aux domestiques, à l’aventurier éternel, aux vieilles femmes, aux chants au coin de la boue, aux tentes dans le désert de décembre.
Ces bédouins ont la vie ramassée en poussière.

XXXII
Nous sommes dans le désert depuis un mois, nous suivons l’oiseau des tropiques.
Nos genoux qui saignent, nos plaies que les bédouins avaient cautérisées, nos femmes que les pirates avaient enlevées, nos vieilles illusions, nos souhaits de chemins, se rassemblent tous aujourd’hui comme une torture riante dans un jardin pourri.

XXXIII
Le vent du désert les poursuit, poursuit leurs chevaux fuyants, leurs tentes arrachées, leurs sandales laissées sur la route, leurs bâtons jetés là-bas.
Il n’y a pas d’oiseau qui ouvre un bec aux ronces, pas de poème que les bédouins écrivent pour rien.

XXXIV
Nous détestons voyager en train.
Nous détestons voyager en des palanquins qui s’égarent dans la poussière.
Nous détestons voyager en bus.
Viens qu’on s’assoie sur le trottoir, allumer des flambeaux en plein jour, mettre de nouveaux habits, et à l’approche du soir, nous poserons des fleurs sur nos oreilles.
O jeune bédouine, moi soldat citadin, je te raconterai une très vieilles histoire sur de beaux rois, je monterai ta tour, errer loin dans tes reins.

XXXV
Ce sont des éloges de la sieste à l’ombre du désert, notre mort minime dont les bédouins sont complices, la bonne compagnie de chiens, une paisible navigation, un après midi, avec des rats qui creusent le sable.
Nous avons laissé nos armes chez des pilleurs en colère…nous avons pris nos bâtons, nos sceaux, nos ombres où se rassemblent les femmes du cheik.
Il te suffit d’ouvrir les yeux face à une bédouine en appétit pour tout apercevoir.

XXXVI
Le soldat rentre chez lui, a en mémoire l’image du chameau mort dans le désert, sa squelette, et les vers qui le rongent, l’assiette jetée par terre où mangent des bédouins.
Le soldat se couche sur le lit, sa mère le couvre de draps blancs et elle s’en va.
Le voilà le soldat qui s’endort, et tous les chameaux du désert veillent sur lui.

XXXVII
L’après-midi au désert est un sommeil trompeur, inventé par les bédouins. Toutes les tribus dorment, seule la chienne veille sur les moutons.
Les bédouins ne frappent pas à la porte du tente, il leur suffit de passer par la fente…Avant de dormir ils prennent le café en des tasses, servi par des soldats kidnappés.


XXXVIII
Avant de dormir, il te suffit de sourire au lever du jour, à la floraison de nuit, il suffit à ton poing endormi d’enlacer le blanc de draps. A l’horloge, on ramènera , à l’auge ton eau….. Ces parfums du sable qui se lèvent pour nous, se mêlent aux épices, tremblent à l’heure du midi, baissent les têtes de cactus…. les soldats attendent le lever du soleil pour quitter les barricades, alors que le bédouin dort le jour, se moque du soleil qui n’est qu’une mèche inutile.

XXXIX
O ma bonne voyante….Qui fait bouger mon sang….? Je sais que tu es là pour me confier ton secret,… au bord de l’enfer, tu m’exorciseras, tu me montreras un indécent monstre poileux qui me barre le chemin.
Mais n’oublie pas de dire ma présence à la fée dont je garde encore sur le corps,des traces lumineuses de baisers, Des traces pareilles aux reptations des escargots sur le sable.

XL
La bédouine est dans le palanquin, du doigt, elle indique l’oeil d’Iblis, sur sa dichdacha, il y a deux broches cassées, un bout du pain trempé dans le sang de ses règles.
C’est le bédouin enchanté sur la route, pétrifié devant elle comme un oursin repêché dans la mer.

XLI
Je ne reconnais plus ces tribus qui vont loin de notre caserne.
Le soldat à qui les bédouins avaient volé l’arme, les habits et dinars, les larmes aux yeux, il leur dit adieu.
La jeune bédouine qui gardait des moutons prés des barbelés, monte dans le palanquin, en gardant dans le corps, la lubricité d’officiers et l’envie de soldats.
Les moutons dont nous n’avions pas mangé la viande étaient les seul à survivre, dans leurs yeux effarés, ils gardent quelque lueur de nos baïonnettes et dents.

XLII
L’amour de la bédouine est aussi féroce qu’un loup s’agrippant d’une tête de santal,…. Je suis ton festin nu, fondu sur ton matelas de laine, entre tes draps durs, et hérissés…
Ramène-moi à ton sein tatoué de henné…..
Ramène-moi à tes cuisses, à tes cheveux, ramène-moi à ton nombril mélangé au lait de chameau, et au vin des dieux.


XLIII
La nuit, je laisse mon arme, sur la porte de ta tente.
Que c’est beau d’être entre tes mains, que je suis heureux d’être sur ton rude matelas, ton odeur sauvage pareille à une bonne louve…Si tu as faim, O louve de bédouins, commence par me manger…moi, soldat citadin, je suis aussi bon qu’un pain beurré.

XLIV
\'Ah, si nous écrasions les citadins au-delà du désert, nous nous en remettrions `a l’éléphant, peignerions du bleu nos tentes, du gris poussiéreux les corps de tes femmes, et de la peau de citadins, nous ferions des tambours et timbales.
Ah si nous écrasions les citadins au-delà du désert, nous serions alors nous-mêmes des citadins, nous les ferions errer derrière les chameaux en plein Sahara\' dit le bédouin au soldat, en essuyant son poignard avec un pan de sa robe.

XLV
Noir est ce bédouin qui s’est fait coupé les cheveux, et percé l’oreille, il n’a pas de carte, pas d’administration non plus, il pourait aller combattre les tribus, puis revenir faire la sieste, il a égorgé les ennemis…un animal géant est devenue sa main…

XLVI
Ah si nous tuions les soldats de caserne, nous leur enlèverions leurs caisses, et leurs armes huilée, nous attaquerions les villes là-bas…nous pillerions leurs maisons, prendrions leurs femmes, leur argent, égorgerions leurs hommes, à l’heure d’été où le soleil coucherait …
Nous prierons à Dieu qu’il soit avec nous, qu\'il fasse que les belles citadines, et les fonctionnaires demandent notre merci !\'

XLVII
O Bédouins, nous sommes vos bons citadins, nous aimons vos yeux perçants, couteaux aiguisés, nous aimons vos mains dures qui sur notre peau graveront vengeances.
Vous etes nos arrière- grands- pères, nos futurs officiers.
les gardiens de nos coup d’Etat, nos nouveaux présidents, nos brillants ministres …. ambassadeurs…
Quant à nous…nous mourons lentement en attendant voir montre dans nos cités le royaume de bédouins.

XLVIII
Le beau, le bon, le juste sera digne d’une vierge noire.
Y avait- il là, un messager blond, une colombe blanche, une histoire quelconque…
Nous tournerons dans le désert, à la recherche de loups prêts à nous dévorer, de lézards sur le sable, d’une lumière sombre,d’un dieu noir qui va éblouissant.....

XLIX
Nous voilà, nous revenons pour construire des colonies à la place des hommes blonds portant sur la poitrine la photo du dieu blond.
Les mosquées expliqueront nos intentions sublimes:
Nous mangerons les citadins comme de petits pois.
Nous établirons un paradis commun.
Au lieu de boire du café ou du lait de chamelle,de leur cous, nous boirons du vin rouge .


L
Un bateau royal régnera sur ce désert habitué à se souler de petites tasses, et du sel dans une carafe.
Nous avons prié les pilleurs, mangé leurs fruits alcoolisés, Et la bédouine qui passe sur le tapis, la jambe découverte, à la bagarre,elle pousse les soldats de la caserne.
Dans sa tente, il n’y a qu’un qui pousse de petits cris étouffés par de baisers.

LI
Une autre fête commencera…. à chaque soir, un miracle, un bouquet de violettes dans un vase se redresse…
Ce sont des fruits alcoolisés qui se cachent sous ta robe, C’est le vin que tu leur donne à boire… tu es plus belle que la brebis quand elle saute, plus belle que l’ânesse quand elle tourne, plus belle que la chamelle au matin, voilà mon poignard, prends le, je meurs d’envie pour devenir un morceau de ta chaire.


LII
Une petite part de mon ablution est tombée sur le sable, une chose volée à la caravane hier.
Une chose qui brille sous un jour dur et une chaleur persistante… je prie Dieu, qu’il bénisse tous mes vols…
L’or blond m’apaise, il enlève la sueur sur mon corps.

LIII
J’ajuste mon rebab au son d’égorgement, je ne connais qu’une prière, la danse devant la caravane pillée, avec des femmes dans un palanquin….. sur le divan gravé, je sens l’or blond…..
Mon ample vêtement dégage l’odeur de femmes enlevées.
Je suis l’heureux, le sultan de la poussière, je passerai chez le cheik à l’heure du dîner.
Les bédouines aux cuirasses, le rouget aux moustaches, auront le goût d’amande.

LIV
Nous crions fort…des soldats épuisés prés du puits…des bédouins endormis…des musiciens jouent le vent, leur noms font peur aux cavaliers fatigués…une odeur de trahison émane de cuisses de femmes endormies.

LV
D’où viennent les barbares égarés.
Il n’est pas prudent de rester en bas de cette rivière ni en haut de cette montagne.
O Barbares, aujourd’hui, vous pouvez rester dans la cage…vous pouvez rester là sans nous…Nous ne puiserons pas à vos yeux rouges notre colère…. nous ne coucherons pas dans vos lits, nous ne rêverons pas, comme vous, du Sahara lointain, nous ne vous jouerons aucune idée sur les anges.

LVI
Nous quittons le désert pour la mer…ces bateaux passent en pleurant le soir…
Des négresse se déshabillent sur le sable, ouvrent leurs cuisses aux bédouins ivres, jettent leurs lourds seins aux marins errants.

LVII
Tout se refroidit ainsi que nos larmes…..
De nos baïonnettes nous n’avons pas marqué leur corps, C’est la boue du pied nu qui se pose sur les vagues du sable.
Ces orientalistes n’ont pas mélangé le lait de chamelle à l’eau, n’ont pas lu la peau du cheval aux reflets de lumière sur des branches lisses de cactus….
C’est pour te saluer, ces grelots qui sonnent au cous de chameaux, des hommages rendus aux rois par des tapis de laine, une attente du temps révolu sur des pieds impatients.

LVIII
Ainsi, persiste le froid du désert dans les burnous de bédouins… ils viennent souvent à la rencontre de leurs aïeules.
A l’extrême pointe de la terre de puits, se lèvent de vieux soleils, une poignée de nos ombres est jetée sur le sable, nous rejoignons la terre imaginaire, en compagnie de femmes sans membres, de petits enfants, au bord d’une rivière sous rivage.

Biografía:

Ali Bader

La poétique extrême de l’aventure


La poésie et le roman d’Ali Bader traduisent admirablement une transposition constante de l’expérience vécue en écrits. Les aventures de soldat, de la vie loin du pays, de voyageur, d’amoureux, d’homme politique, de poète, et de romancier, sont exprimées par une poétique extrêmement possible. Ce sont des textes qui révèlent une expérience vécue, une réaction d’un individu en plein mouvement de l’histoire, un itinéraire non choisi, impossible à fuir.
Etant donnée la situation problématique de l’Irak dans l’histoire contemporaine, Ali Bader s’est vu implique dans des guerres, et des positions morales impossibles à éviter. Ses textes sont en effet des produits de cette situation grave et importante, même s’ils ont, en partie réussi à éviter son actualité et sa grossièreté.
Ces textes sont riches en expériences vécues, aventures, mouvements rapides et vives. Que ce soient poétiques ou romanesques, ils ne font que confronter la vie à la langue. Ce sont des textes sensuels diverses qui passent admirablement de l’image au symbole, et inversement. A chaque coin, il y a la vie qui bat…les corps qui tremblent. Dans tout ce qu’il écrit Ali Bader cherche l’état poétique qui fonde la vie, constamment, il cherche derrière des apparences, le festin de couleurs, la bizarrerie, la magnificence, des barbares et de bédouins. Ce qui caractérise ses textes, c’est qu’ils s’engorgent d’érotisme sublime qui mélange l’extrême finesse à la dureté brutale. Ils ne sont pas seulement des textes, mais aussi des délires lyriques qui font défi à la grossièreté par la violence et par la dureté de l’image. Qu’ils représentent l’amour ou la guerre, on y trouve la force du mal exercée par des individus contre eux-mêmes, il y a la honte dont sont marqués les amoureux, les hommes politiques, et les artistes, le scandale qui va à la poursuite des bédouins et des citadins. Dans ce monde dont il se charge de dévoiler les tares, il y a partout des soldats intellectuels, beaux, et élégants, ce sont des soldats, mais aussi des poètes qui par leur dandysme extrême, font face à la dureté et à la violence du monde.
*
Né à Bagdad en 1964, Ali Bader est issu d’une famille bagdadienne moyenne. Il étudie la littérature anglaise, puis française. Ainsi, on trouve chez lui ce goût parisien mélangé avec un grand savoir inspiré du patrimoine islamique et moyen oriental. Apres ses études universitaires, il devient soldats pour huit ans, dans la guerre Irako Iranienne. Depuis les tranchées, il traduit de nombreux textes de poètes occidentaux vécus sous les deux guerres mondiales, Guillaume Apollinaire, Robert Brook, Alfred Owen, des textes qui seront plus tard publiés dans les journaux Iraqiens.
En 1996, il écrit un recueil de poèmes avec un thème bizarre, portant le titre: \'le livre du métier: Bagdad en 1898, poèmes ethnographiques\'.
Il y rassemble tous les métiers maintenant disparus mais exercés à Bagdad au 19 éme siècle. Chaque poème porte sur un métier accompagné de notes d’en bas de page, et de faits historiques. La terminologie de ces métiers est conservée dans ces poèmes qui respectent le rythme, la rime, et la mesure de la poésie arabe classique.
Au début des années quatre vingt dix, des poèmes de son premier recueil:
\' Crimes de velours et crème\', sont publiés dans les revues. Grâce à cette publication Ali Bader réussit à s’attirer l’attention du public. Il s’impose comme une nouvelle voix poétique, par un langage sublime, des métaphores singulières, et une vision créative.
Il donne à la poésie douce une symbolique fine, teintée d’idées philosophiques évidentes. Mais malgré ses allusions faites à l’ordre condamné à la disparition, à la situation dégradante, et effrayante de l’homme, l’érotisme heureux reste la marque dominante de ces poèmes.
Le corps est une source de jubilation évidente, le corps et tout ce qui l’entoure sont joyeusement exaltés. Ses poèmes gardent l’essence rythmique de la poésie arabe, mais ils nous donnent une expérience d’une nouvelle mesure, complètement différente de la traditionnelle, une mesure qu’il va plus tard abandonner pour écrire des textes poétiques qui seront plutôt en prose, une prose qui lui est inspirée par le prosaïsme du monde, une prose dont abonde son long poème partiellement publié en 2002: \'le livre du désert, soldats citadins et femmes de bédouins\'. Par son vocabulaire et l’originalité de ses images, ce poème ravive le langage inerte de la poésie d’alors, si bien que certains critiques disent qu’il à poétisé la prose et prosaïsé la poésie.
Ce recueil est formé d’un long poème à différentes strophes où les voix, les images, les sensations, et le tout est marqué par une forte charge érotique et politique. Ce livre, ou poème est l’enregistrement poétique d’une expérience réelle, Ali Bader a passé, en effet, deux ans en soldat dans le Sahara à l’ouest de l’Irak, en soldat citadin, et élégant, venu de la capitale pour vivre parmi les bédouins. Ce poème est, une dénonciation de la formation politique des sociétés arabes. Avec force et dureté évidente, ce poème détruit des tabous et des interdits. Dans son ensemble le poème est une métonymie de la dureté du Sahara qui une fois arrivé au point de la civilisation, détruit pour la reconstituer politiquement.
Ce poème nous présente un abrégé poétique du Sahara qui est le symbole opposé de la cité. Source de sentiments contradictions, le Sahara est à la fois convoité et redouté par les soldats venus de la ville. Attirés par la sensualité de bédouines, ces soldats sont aussi menacés par le bédouin perfide et violent, ils risquent, d’ailleurs d’être enlèves pour assouvir les appétits sexuels de bédouine. Le soldats dans le désert est aussi le symbole de la force de la cité détentrice du pouvoir, pourtant il est fragile et faible, car les villes d’où il vient, sont susceptibles d’être envahies par les bédouins.
D’ailleurs le langage de ce recueil offre un mélange magnifique d’images sensuelles, et d’aspects historiques et religieux, de la région du moyen orient.
*
Ali Bader publie son premier roman Papa Sartre en 2001, il s’agit d’une satire de la génération des intellectuels irakiens influencés par Jean Paul Sartre, et l’existentialisme français.
Ce roman à un grand succès, vu sa force narrative, son langage raffiné, sa dénonciation de milieux marginaux de faux poètes, de voleurs, des prostituées que rassemblent à cette époque les bars de Bagdad. Tout ce monde se nourrit de textes existentialistes traduits de français. Sartre était présent à Bagdad et la rue d’Assadryia était synonyme du Boulevard saint Germin de prés.
Ce roman gagne le prix d’Etat à Bagdad alors qu’il est interdit par les autorités officielles, sous le régime de Sadame Hussein. En 2002, il gagne le plus haut prix littéraire à Tunis, et un accueil hautement favorable de la part des critiques qui lui consacrent de nombreux articles élogieux.
Au cours de la deuxième guerre du Golf, alors qu’il est soldat d’artillerie dans le désert, il a failli mourir plusieurs fois, et par deux fois il a failli tomber prisonnier dans les mains des américains. Rentré à Bagdad, il entame des études supérieures, optant pour une thèse sur la littérature française. Mais, un an plus tard, il est renvoyé de l’université. Il travaille dans le comité de rédaction de la revue littéraire \'l’avant-garde \', mais il est aussitôt renvoyé à cause de ses écrits audacieux, il fuit le pays pour la Libye où il joue le rôle principal dans un film semi documentaire sur les sites archéologiques romains, et les faits des deux guerres mondiales, sur la cote méditerranée. Le tournage de ce film lui offre la possibilité de parcourir les villes côtières depuis Tobrouk jusqu’à Sabratha.
Dans la ville d’Apollonia qui fut la scène de la deuxième guerre mondiale , il fait la découverte de la prison du soldat écossais, Jean Frédéric Brel, prisonnier des force italiennes, cet artiste mystérieux qui dessina un tableaux magnifique au mur de sa prison. Puis il poursuit ses traces jusqu\'à son cimetière à Mersa Matruh en Egypte où l’artiste fait tué en 1942. Cette aventure donne matière à son roman: \'Le lent pas des Caravanes\'.
Il rentre à Bagdad et publie son deuxième roman \'hiver de famille\' où il est question de l’effondrement de l’Aristocratie à Bagdad, aux années cinquante.
Depuis Bagdad, Bengazi, Damas, et Amman, il écrit la vie des poètes surréalistes aux années soixante, insistant d’une façon dramatique sur la régression de la vie politique en Irak, l’implication des artistes Irakiens dans les crimes politiques. La force poétique et narrative dont revêt le personnage principal, un poète surréaliste qui met sous sa hégémonie une ville tout entière, y sème l’horreur, puis la détruit, fait de ce romain l’un des plus lus au monde arabe à l’heure actuelle.
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En 2004, Ali Bader, publie son recueil de poésies: \'Le livre d’assassins\' qui est un long poème sur les saints assassins en Islam, en quatre parties.
La premier partie décrit al Hassan al Sabah, le créateur de l’opposition et la politique d’assassinat en Islam, le philosophe soufi, Avicenne, fait l’objet de la deuxième partie, Khajeh Nizam ul Mulk, ministre et auteur du livre \'La politique\', est la troisième et la dernière est consacré au poète Oumar al Khayyâm.
C’est un livre où se croisent des faits historiques, et politiques, écrit dans un $3>La différence littéraire -Magazine
2006

ali3bader@yahoo.com

 

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