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Ali EL HADJ TAHAR
Nacionalidad:
Argelia
E-mail:
Biografia
A ton honneur

C'est l'poque pique o la femme dessine sur l'argile
Assise sur l'eau de la grande rivire tranquille
Qui vagabonde, prcieuse, dans le creux de ma maison

De ses mains agiles, retenant le souffle,
L'enfant tient le crayon maquiller mes rves
Et les lvres des saintes vierges en errance sur des nefs

De ses doigts pourpres elle rdige des signes
Sur mes mains d'o s'envole l'oiseau, un cygne
Ou un goland qui sous ses ailes retient le vent

Sous son regard neuf,
Odorante, la plaine dnoue ses horizons
En ce moment les feuilles des arbres
Sont emplies d'une verte calligraphie
Et peut-tre Bjart n'en saurait tresser la chorgraphie

Sur une toile tendue fond, en amont, en aval, la femme,
Dame des dunes propage des nuages, des papillons,
Des graines d'eucalyptus, des plantes, des encyclopdies
Et l'univers pour elle allume des bougies

L'me ardente, lourde de fruits, agile comme une gazelle,
Elle me dvisage dans le noir en coutant mes prophties
Aprs avoir dball ses valises sur mon lit en me disant :
'Je viens pour toujours rgner sur ta fort'

Un ange bleu lit aux vagues la posie
Et la femme contourne mon attention comme une rose
Puis je l'ai vue, elle marchait sous la pluie
De son rire ouvrir une perle
De sa voix, la mer retourner
De son souffle, parpiller des toiles, des quilles
Et diriger des montgolfires vers les rgions de hautes cimes
C'tait l le travail de la bergre

C'est l'poque encore vierge o elle domine comme un totem
L'poque des dlatures, des pierres prcieuses
Des livres d'emblmes, des grandes mtaphores
L'poque o je rgne sur ton rgne
Et o tu rgnes sur mon prsent

A ton honneur ces oiseaux bleus
Semblables des frgates
Ces astres clairvoyants
En leur espace parfums

Bergre, ton sang est fou de tout
Rendez-vous sur cette lumire d'astre
Qui s'est pose contre tes joues

Je t'crirai encore le long pome
Qui mne sur les eaux
Lorsque de tes yeux douloureux si proches de la lune
Tu me diras encore 'Je t'aime'

Ma femme a appris ouvrir ma poitrine
Dans la paume de ses mains
A boire mme mon nombril la vague qui me retient
Nonchalamment, elle balance des reins
Promenant son miracle sur mon corps
Exhibant les seins, se cachant les fesses
Amoureuse des fleurs des champs
Dj la plaine se couche dans ses cheveux

J'ouvre les yeux : l'enfant revendique
Des caresses de son rire sur mon balcon
Alors je vois venir, indolentes, paisibles
Des caravanes retenant leur violence par la bride
Amour, bonjour matin, je viens cueillir
Des roses sur tes joues

Ma femme a cent mille ans d'ge
Elle me vient des nbuleuses
Et joue la marelle comme une poupe
Entre mes mains je l'ai prise, la flamme
Et elle tourna contre mon front
Le grand mange dura l'ternit
Je l'entends toujours qui descend du ciel
Avec un bruit de lame de fond
Une rvlation, une comte, une menace
Je l'entends de loin venue me dire 'Bonjour'
Un matin trouve dans mon lit
Avec ses yeux verts comme des pis
Epris de pais et o voguent les navires
Avec ses cheveux que les marchands de la soie
Allaient autrefois chercher en Chine
Avec ses lvres o brlent des cierges,
Et les rves en leur lumire rassembls

Je l'entends encore qui part sans jamais tre venue
Comme elle partait chaque fois plus loin
Se rapprochant un peu des vagues, des pcheurs du Portugal
Du bl de Hollande, du vin d'Algrie
En s'loignant, comme d'une ombrelle,
Elle se saisit des astres sur son chemin
La voil partie encore et pourtant je la sais
Dans la force tranquille des nuages, l-bas,
Qui courent vers l'Orient et ceux de l'Ouest
Et encore dans ceux qu'on n'entend ni ne voie
Et qui pourtant existent

Je l'entends qui part sans jamais tre venue
Et pendant ce temps-l je la cherche
De Londres Caracas, dans un temple de Calcutta,
Au port de Baltimore, si prs de son parfum
Lorsqu'elle est au Sngal, frlant mes rves de ses mains

Viens voici venir le temps de nous faire un enfant
Avant la sieste sur les collines

Duras

Seul j'ai march sur le sable mouill
en lisant 'L'homme atlantique' de Duras
aux vagues
la mer qui tait haute
aux galets
aux coquillages
aux troncs d'arbres
Sans souvenir,
vide
Homme atlantique

L'or

L'orfvre a dit : l'or !
J'ai dit : l'cume des vagues !
Mais je suis galement incapable de vivre
sans quelques grains de sable dans mes poches

Peinture I

Dans cette peinture d'empreintes
l'le gourmande accueille l'oiseau plerin
Dans son ventre, la vague
o l'eau cherche testament
Derrire, il y a l'or, le diadme fragile,
ces signes qui rendent aveugles les pres de l'Oracle
Puis il y a encore la vague
et derrire il y a l'eau,
l'arc de la mort, le bleu, le noir,
la moisissure verte des diamants
Ici l'homme est bless au cour vif de l'argile

Le vieux pote sahraoui

Ici le chantre ne parle pas avec des mtaphores
Il parle avec des mirages
Vieux pote ! Tes pomes sont pleins de Sahara
Et ta voix, de sable chaud, de vastes hamadas
J'aurais aim danser avec tes pieds
Parler avec ta bouche
Rire de ton rire
Et me prendre pour le dsert
Mais dis-moi :
Qui est plus grand, toi ou le grain de sable ?

biografia:

N le 18 mars 1954 Merad, dans la rgion de Tipasa. J'ai commenc dessiner et crire trs jeune. Egalement artiste peintre, ma dernire expo a eu lieu en 2004 au Muse des beaux arts d'Alger, avec Hakkar.
Diplme: Licence de Lettres anglaises, universit d'Alger, 1978. En 1974, je commence crire dans la presse en me spcialisant dans la critique d'art. Membre de l'Institut International de Presse. Ex rdacteur en chef de la revue Tassili, ex directeur des Arts au ministre algrien de la culture.
Publications: 'Bettina', 1983, RFA, une monographie sur l'aquarelliste allemande.
'Pomes bleus', 1984, ENAL, Algrie: recueil de pomes.

alielhadjtahar@yahoo.com

 

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